Des espèces endémiques menacées et peuplant les mares temporaires méditerranéennes.




- 11 crapauds et grenouilles
- 5 tritons et salamandres
- Espèces ibériques endémiques
- Pleurodèle: le plus grand triton d’Europe
- Diversité de comportements de reproduction
Les amphibiens sont des vertébrés petits, discrets et très menacés en Andalousie, comme toute la faune aquatique habitant dans des régions semi-arides et d’agriculture intensifiée. On différencie deux groupes : les salamandres et tritons (les urodèles) d’une part, et les grenouilles et crapauds (les anoures) d’autre part. Les amphibiens se caractérisent par leur cycle vital double : les adultes sont terrestres et les larves sont aquatiques, se développant à partir d’œufs perméables nécessitant l’eau douce. Ils respirent au moyen de branchies (larves), poumons (adultes) et même par la peau.
La faune andalouse comporte 16 espèces qui sont endémiques ou originaires de la Péninsule Ibérique et du Maghreb. Les vrais crapauds (genre Bufo) qui se sont étendus depuis ce territoire jusqu’en France et l’Europe, atteignant également la Grande Bretagne.


Les amphibiens en Andalousie
Une diversité de formes et de comportements

On distingue deux groupes : d’une part, les salamandres et les tritons (urodèles) conservent une queue au stade adulte, d’autre part, les grenouilles et les crapauds (anoures) sont dépourvus de queue et généralement sauteurs.
A cette diversité répond la variabilité morphologique – avec des critères d’identification permettant de reconnaître les adultes, les larves et même les pontes – le comportement reproducteur des adultes facilement observable sur le terrain, les chants, et enfin l’écologie de chaque espèce… Il n’est pas étonnant que ce groupe soit l’un de nos préférés. l’un de nos préférés et que nous aimons l’enseigner.

Les urodèles

Les salamandres sont représentées en Andalousie par deux espèces: la salamandre commune (Salamandra salamandra) dont la sous-espèce propre à Sierra Morena, qui possède des tâches rouges spectaculaires, et l’endémisme localisé au sud du Guadalquivir, la salamandre bétique (Salamandra longirostris) au museau pointu.
Le Pleurodèle (Pleurodeles waltl) est une espèce endémique de la péninsule ibérique et du Maghreb, qui détient le record de taille parmi les tritons européens. Son comportement défensif est rare mais très frappant. En cas d’attaque, il peut projeter ses côtes hors de son corps.
Le triton pygmée (Triturus pygmaeus) et le triton ibérique (Lissotriton boscai) complètent la liste des aurodèles andalous. Le premier aime les étangs, le second préfère les cours d’eau. Le Triton pygmée mâle est spectaculaire lorsqu’il entre en œstrus car il développe une crête dorsale très proéminente.
Les anoures

Parmi les anoures, l’espèce la plus commune est la grenouille verte de Pérez (Pelophylax perezi), très commune mais dont les populations semblent diminuer.
Le crapaud commun (Bufo spinosus) et le crapaud calamite (Bufo calamita) se répartissent en fonction de leur écologie. Le premier est principalement une espèce forestière et de ruisseaux ; le second de milieux ouverts et de mares. Ils peuvent néanmoins coïncider dans le même point d’eau.
La liste des amphibiens vivant en Andalousie est complétée par de magnifiques espèces appartenant à plusieurs familles : lepélobate cultripède (Pelobates cultripes), leDiscoglosse ibérique(Discoglossus galganoi), lePélodyte ibérique (Pelodytes ibericus) et deux rainettes du genre Hyla.
Enfin, il convient de mentionner les trois espèces de crapauds accoucheurs (Genre Alytes) qui vivent en Andalousie sur un total de cinq espèces connues dans le monde et réparties en Europe et au Maghreb.
Amphibiens: Liste des espèces présentes en Andalousie
| # | GROUPE | FAMILLE | ESPÈCES1 | NOM COMMUN | ID. | DISTRIBUTION | HABITAT2 | RARETÉ3 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Batraciens primitifs | Alytidae | Alytes cisternasii ** | Crapaud accoucheur ibérique ** | Delicate | SO Iberia, norte Guadalquivir | Arroyos | |
| 2 | – | Alytidae | Alytes dickhilleni *** | Crapaud accoucheur bétique *** | Delicate | SE Iberia, Sierras béticas | Arroyos | R |
| 3 | – | Alytidae | Discoglossus galganoi ** | Discoglosse ibérique ** | Facile | Iberia | Arroyos | |
| 4 | Meso-batracios | Pelobatidae | Pelobates cultripes | Pélobate cultripède | Évidente | Iberia, Francia (litoral) | Charcas | |
| 5 | – | Pelodytidae | Pelodytes hespericus *** | Pélodyte mediterranéen *** | Difficile | Centre Iberia | Charcas | R |
| 6 | – | Pelodytidae | Pelodytes ibericus ** | Pélodyte ibérique ** | Difficile | SO Iberia | Charcas | |
| 7 | Sapos verdaderos | Bufonidae | Bufo calamita | Crapaud calamite | Évidente | Europa occidental | Charcas | |
| 8 | – | Bufonidae | Bufo spinosus | Crapaud épineux | Évidente | Ibero-maghrebin, France | Arroyos | |
| 9 | Ranitas | Hylidae | Hyla meridionalis | Rainette méridionale | Facile | Ibero-Magrebí, Francia e Italia | Charcas | |
| 10 | – | Hylidae | Hyla molleri | Rainette ibérique | Facile | Iberia | Charcas | RR |
| 11 | Ranas verdes | Ranidae | Pelophylax perezi | Grenouille de Pérez | Facile | Iberia, Francia | Generalista | |
| 12 | Tritones | Salamandridae | Lissotriton boscai ** | Triton ibérique ** | Évidente | O Iberia, norte Guadalquivir | Charcas | R |
| 13 | – | Salamandridae | Pleurodeles waltl | Pleurodèle de Waltl | Évidente | Ibero-maghrebin | Charcas | |
| 14 | – | Salamandridae | Triturus pygmaeus | Triton pygmée | Évidente | SO Iberia | Charcas | |
| 15 | Salamandras | Salamandridae | Salamandra salamandra longirostris *** | Salamandra bética *** | Évidente | SO Iberia, Sierras béticas | Arroyos | R |
| 16 | – | Salamandridae | Salamandra salamandra morenica *** | Salamandra morenica *** | Évidente | SO Iberia, Sierra Morena | Arroyos |
(1) ESPÈCES. * Endémisme européen . ** Endémisme ibérique . *** Endémisme ibérique localisé. Site de référence sur Amphibiens d’Andalousie.
(2) HABITAT PRÉFÉRÉ pour la reproduction : Cours d’eau: biotopes faiblement lotiques, tels que les sources de cours d’eau, éventuellement des trous d’eau ou même des suintements (Discoglossus). Mares: biotopes lentiques, habitat prioritaire des mares temporaires méditerranéennes.
(3) RAREZA EN ANDALUCÍA. R: rara. RR: muy rara.
Plus d’informations sur les amphibiens
Stratégies de reproduction des espèces andalouses
Contrairement au patron habituel chez les amphibiens, les salamandres se reproduisent sur terre ferme car elles ne savent pas nager ; plus surprenant, les salamandres ne pondent pas d’œufs, mais mettent bas des larves et même parfois des juvéniles, elles sont donc vivipares et constituent un cas particulier.
Les autres urodèles se reproduisent dans des mares ou ruisseaux, réalisant une danse nuptiale où le mâle dépose un spermatophore sur le substrat, suivi d’un déplacement de la femelle qui capture le spermatophore, la fécondation est interne, et ensuite la ponte des œufs, collés un par un sur des plantes aquatiques.
Pour les anoures, c’est différent, les espèces d’Andalousie pratiquent la fécondation externe, les mâles attirent des femelles sur un milieu favorable par leurs vocalisations (sous l’eau ou à l’extérieur), saisissent une femelle et inséminent les cordons d’œufs que celle-ci pond dans des eaux stagnantes. Parfois, on assiste à des concentrations d’individus. Les cordons peuvent être plus ou moins allongés.
Un cas particulier : les crapauds accoucheurs du genre Alytes, distribués en Europe et au Maghreb, et dont 4 des 5 espèces sont présentes en Espagne : le mâle prend en charge les œufs, dont il enroule les rubans pondus par la femelle entre ses pattes postérieures, tout en les fécondant.
Importance des points d’eau et des sources

Habitat quelque peu paradoxal… Les abreuvoirs ou fontaines alimentés par des eaux de source sont généralement isolés, principalement localisés dans des écosystèmes montagneux méditerranéens secs, et plus abondants dans les montagnes calcaires d’Andalousie orientale. Dans ces conditions, la colonisation de ces structures artificielles par les amphibiens a de quoi surprendre, spécialement sur les sierras les plus arides.




Néanmoins, les conditions hydrologiques de ces abreuvoirs sont similaires à celles des têtes de rivière, où se succèdent des micro-mares ou un très faible débit d’eau courante, fraiche et oxygénée, et constituent un biotope idéal pour les espèces associées aux « ruisseaux » comme les salamandres et les crapauds accoucheurs.





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