« Les clichés sur les andalous », des images toutes faîtes tellement vraies et tellement fausses. Cocasserie : les espagnols vivant au nord de Despeñaperros considèrent que les andalous sont des personnes rieuses et drôles (« graciosas »), tandis que pour les andalous, ce sont seulement les habitants de Cadix qui ont cette réputation… Effectivement les andalous ont générer des stéréotypes propres aux natifs de chaque province.

Mosquée Cathédrale de Cordoue

Séville « ¡ mi arma ! »

L’attraction d’une ville que l’on aime ou que l’on déteste

Séville est la capitale de l’Andalousie, on peut même dire, c’est la ville andalouse universelle, grandiose, magnifique et qui accueille tous les amoureux de Séville. Personne ne s’étonnera dans ces conditions que les stéréotypes andalous les plus clichés vont aux sévillans comme « anillo al dedo » (bague au doigt) et que les autres provinces adorent détester Séville, qui ne le leur rend absolument pas. Plus encore, Séville est la ville favorite des «señoritos», riches propriétaires terriens qui passent du temps dans la plus belle des villes, affublés de chemise à manches longues à carreaux. C’est également le siège du gouvernement, la Junta de Andalucía, organe qui commande au destin de la région et si souvent décriée ou adulée. 

Torre Sevilla
Torre Sevilla

Séville captive par son rythme andalou.

Cadix, « Caí »

L’art du bon vivre simple dans sa plus simple expression

Des personnes au caractère « gracioso», drôle et festif, dont le point culminant est le carnaval et son populaire concours de petites opérettes comiques « las chirigotas ». Les Gaditanos pisha») et gaditanas shoshos») sont très portés sur la friture de poissons (« pescaitos fritos ») et de crevettes en omelette (« tortilla de camarones »). Cadix conserve l’humour et la bonne humeur malgré les difficultés, un taux de chômage élevé et l’espèce de bronx du canton « Campo de Gibraltar ».

Torre Sevilla
Torre Sevilla

A Cadix, se forgent de grandes amitiés.

Málaga, les « boquerones »

Une grande ville ouverte à toutes les possibilités

Los « malaguitas », habitants de Málaga, ville cosmopolite et ancien port des marchands arabes hispano-musulmans, s’adonnent à la trilogie andalouse du football, de la Semaine Sainte et de la tauromachie, mais pas plus que les autres. Ils sont allègres, sûrement grâce au climat de la Costa del Sol et adorent les «Espetos» des sardines grillées sur la plage. Il y a bien plus que la côte: Antequera et la Serranía de Ronda, c’est différent, des gens très indépendants. Deuxième ville d’Andalousie, tournée vers l’extérieur, avec un pôle technologique florissant, Málaga aime rivaliser avec Séville. 

Port de Malaga
Torre Sevilla

Malaga compte le plus d’étrangers.

Cordoue, «  »

Le charme d’une ville respirant un air de village

« E-a » … Comme disait Don Quichote... Les cordouans, témoins des gestes de l’empire romain et d’Al-Andalus, voisins de la Séville dorée, se décrivent eux-mêmes comme étant «siesos», personnages insipides et de peu de caractère. Par contre on entend souvent dire en Espagne, que les plus belles femmes, brunes et aux cheveux lisses, vivent à Cordoue. « Cordobés y hombre de bien, no puede ser », Cordouan et homme de bien, ce n’est pas possible… adage souvent répété et peu engageant, dont l’origine est négligée. Il s’agit en fait du droit de cuissage que les cordouans ont réussi à faire abolir dans leur province ; les aristocrates ne pouvaient donc pas les considérer comme des hommes de bien. Plus encore, « En Fuente Obejuna, todos a una », expression qui célèbre une révolte populaire contre un personnage autoritaire et exécuté par les villageois. Finalement, les cordouans s’ignorent et ne sont peut-être pas aussi «siesos» que cela 

Torre Sevilla

Cordoue, ville patrimoine.

Torre Sevilla

Jaén, « ni polla »

Méconnue et enclavée entre oliviers et sierras

Expression amplement partagée avec sa voisine Grenade et qui sert de point d’exclamation. Province d’intérieur, frontière et porte de La Castille, entourée de montagnes qui l’isole particulièrement à l’Est, la Dépression du Guadalquivir couverte d’une immensité quelque peu déprimante d’oliviers. La récolte des olives, un travail saisonnier dur et qui requiert patiente, ici comme dans le reste des grandes exploitations agricoles andalouses et qui demande de la main d’œuvre. La Jaén profonde, une terre ancrée dans le passé, des habitants souvent parfois réputés pour être peu illustrés («catetos») et un terroir de magie et dhistoires fantastiques. À Jaén, « se entra llorando y se sale llorando », on arrive en pleurant et on part en pleurant, phrase maintes fois répétée qui dénote l’hospitalité et le grand cœur des habitants de la province. 

Torre Sevilla

Jaen, ou l’huile d’olive sans limite.

Torre Sevilla

Grenade, la « malafollá granaína »

Où les voitures klaxonnent avec du mauvais lait « mala leche»

La «malafolla», trait de caractère universellement attribué aux habitants de Grenade et qui décrit une forme de mal humeur et des personnages désagréables. Grenade, la grande ville d’Andalousie orientale, citée de montagne au pied de Sierra Nevada, ancienne capitale nazari et siège de l’Alhambra, une université renommée et riche vie étudiante, et où l’on se réfugie tôt dans les meilleurs bars à tapas. Selon les autochtones, la malafollá est une forme d’humour local, spontanée et chargée d’ironie mordante qui ne cherche pas à être blessante ou manquer de respect. La parfaite excuse pour prendre de bon pied un désagrément. 

Torre Sevilla
Torre Sevilla

Grenade, conservatrice et inventive.

Huelva, los « choqueros »

Où l’on trouve de vraies station balnéaires

Les gens de Huelva, «onubenses », Grands consommateurs de seiches chocos») devant l’éternel. Province peu peuplée et périphérique connue mondialement pour l’exportation des fraises et autres fruits rouges, une industrie agricole controversée qui domine le panorama. Chaque province possède un village dont les habitants sont considérés plus rustiques que la moyenne, « brutos », et sujets à la rigolade générale… Pour la plupart des andalous(es), Lepe, centre de la fraise, est le village le plus rustique d’Andalousie. Huelva : les marins qui pilotaient les goélettes de Christophe Colomb et les andalous le plus tournés vers le Portugal. 

Torre Sevilla
Torre Sevilla

Huelva: environnement vs industrie.

Almería, les grands oubliés

Une terre exigeante et généreuse

Éloignés de la capitale, les gens d’Almería ne répondent pas tellement aux stéréotypes de la vallée du Guadalquivir. Dans la même veine, peu d’espagnols sont conscients que la Sierra Nevada se dispose entre Grenade et Alméria. Le Sud-est de la Péninsule Ibérique et son climat aride semi-désertique étouffant... au moins, pas besoin de parapluie dans ce coin d’Europe. Province peu peuplée et périphérique connue mondialement pour l’exportation de ces légumes, une industrie agricole controversée qui domine le panorama (!). Les gens d’Almería sont fiers du chanteur à succès David Bisbal qui a représenté sa province partout où il passe.

Torre Sevilla
Torre Sevilla

Almería cultive sa prope identité.